VELO STATION sur la FRENCH DIVIDE

VENI VIDI VICI... DIVIDE

Crédit photos : Olivier Loevenbruck & MILO PIX

Vélo Station a participé à la French Divide 2017. Retour sur la deuxième édition de cette aventure Bikepacking hors-normes.

Un challenge hors-normes

La French Divide naît d’un "petit" défi entre deux amis, Lionel et Samuel : traverser la France à vélo par les chemins. Via les réseaux sociaux, le projet grossit, se structure et devient un événement officiel en Août 2016, avec une cinquantaine de pionniers venus de toute la France. Les règles du jeu étaient simples : un départ, une arrivée, 4 checkpoints, un tracker-satellite (qui communique en temps réel la position de tous les participants) et une trace GPS à parcourir en moins de 15 jours.

Cette seconde édition s’élançait de Bray-Dunes (Nord-Pas-de-Calais) – à 50 mètres de la frontière belge – et terminait au charmant petit village basque de Mendionde. Si vous faîtes le calcul, vous verrez que ça ne représente que 1,000 bornes à vol d’oiseau. Et pourtant la French Divide nous proposait le double en abscisse (2,166 kms) … et le quintuple en ordonnées (35,000 m D+) ! Pour n’avoir été qu’un minuscule point de ce plan, nous pouvons vous confirmer que le compte est bon.

Cette année, nous étions donc une grosse centaine au départ de la seconde édition, dont une dizaine de guerrières. Beaucoup de casquettes étrangères : américains, canadiens, tchèques, anglais, belges, italiens. Des Français aussi. Tous réunis par la passion du vélo et le goût de l’aventure, répartis en trois vagues de départs (au chant du coq : 06h34) : Vendredi / Samedi / Dimanche. Les gros bourrins (ceux qui visaient le record) partaient en dernier, histoire que tout le monde arrive en même temps.

Le tracé GPS

Quelques jours avant le départ, l’organisation nous avait fourni le précieux fichier GPX. En plusieurs morceaux digestes pour ne pas étouffer notre appareil. Et la veille, carte à l’appui, l’équipe nous avait briefé sur les différents tronçons du parcours et sur les précautions à prendre. Avec un peu de teasing sur les difficultés et les beaux paysages à venir.

Ainsi la trace GPS nous proposait d’emprunter (entre autres) les routes et chemins mythiques des Flandres, de Paris-Roubaix, de la Grande Traversée du Morvan, du Massif Central, de Saint-Jacques de Compostelle et des Pyrénées. Rien que ça. Des paysages aussi grandioses et contrastés que les grandes plaines agricoles du Nord, les vignobles de la Champagne, les sous-bois humides du Grand Est, les Volcans d’Auvergne, les bocages de la Corrèze ou l’air sauvage des sommets pyrénéens...

Un voyage dans le temps et dans l’espace ; la tournée des petits bistrots de campagne, la grande boucle des petits villages oubliés de la France profonde.

La difficulté d’un tel parcours (à découvrir sur www.mountnpass.com) tenait davantage du revêtement et du relief des chemins empruntés que de la distance. A l’exception de quelques tronçons "roulants" sur le final, le tracé n’offrait aucun répit. Beaucoup de chemins de traverse et de boucles touristiques (gratuites) à la découverte des forts pourcentages locaux.

La trace GPS est votre fil d’Ariane... mais aussi votre pire ennemie. Nous l’avons suivi pieusement à travers les départementales, les jolies petites routes sinueuses, les pistes agricoles, ou les chemins herbeux, bordés de ronces ou défoncés... parfois elle se trompait, et à quelques mètres près on terminait du mauvais côté de la clôture, ou dans une montée sèche à 35%. On la maudissait souvent, mais on s’y accrochait quand même car elle pouvait aussi vous réserver les plus belles surprises. Comme ce sentier derrière le « Nid d’aigle » de Rocamadour, caché des dizaines de milliers de touristes qui s’agglutinaient sur les hauteurs de cette superbe citadelle médiévale !

Chacun sa route, Chacun son chemin

L’Ultra Bikepacking est une nouvelle pratique à la frontière du sport et du tourisme. Certain(e)s Dividers, sont partis plein gaz avec l’envie de casser le record, ou pour le kiff de traverser la France le plus vite possible (cette année : 9 jours et demi... Chapeau !). Les premiers ne roulaient pas forcément vite, mais longtemps. Et de nuit. Des micro-pauses pour se ravitailler, et un sommeil qui se résumait au minimum vital, avec un confort très spartiate.

Le bagage léger, la socquette lourde. Un œil sur le GPS, l’autre sur le site de Live-tracking pour savoir où étaient les concurrents. Les prolongateurs n’avaient pas ici de fonction proprement aérodynamique : ils permettaient juste de changer de position afin de soulager le haut du corps.

Pour nous autres, les Rookies, c’était le désir de visiter le pays sous un angle original, de vivre une expérience humaine et collective qui nous avait motivés. A raison de 160 kms / jour, fallait quand même pas trainer. Avec un vélo chargé (18-20kgs tout compris), même avec un bon niveau (6000 bornes/an), vous pouvez tabler sur une moyenne de 16km/h – C’est naze, hein ? – donc 10h de vélo par jour minimum pour respecter la deadline. Ça laissait suffisamment de temps chaque jour pour deux pauses Café, une pause sandwich, une sieste de 20 minutes, une bière locale, un diner sardines-soupe-vermicelles… et un gros dodo sous les étoiles ! Jusqu’au chant du coq, et rebelote.

Une histoire de compromis

Ce qui est génial avec tout challenge bikepacking, c’est que l’aventure commence bien avant le départ avec la préparation du vélo, du corps... et du paquetage. De longs mois d’entraînement, de calculs et de rêveries. Puis vint l’heure des choix difficiles. Le moment où le projet s’est cristallisé, où le stylo tremblait à chaque point de notre checklist. Car sur la French Divide les contraintes sont extrêmes, et nous avons dû faire de sacrés choix. Pour notre première, nous n’ambitionnions aucun record : nous avions donc choisi le confort et l’autonomie, au détriment du poids (22kg poids Net Égoutté)… et de la vitesse.

Pour braver le tracé torturé des organisateurs, nous avions choisi de rouler sur un VTT ORBEA ALMA M50, pour son excellent rapport qualité-prix dans la catégorie Cross-Country Carbone en 29 pouces. Equipé de pneus VTC en 29 x 2.00, avec un profil slick (pour les portions roulantes) et légèrement cramponné sur les flancs (pour les chemins). Un choix qui s’est avéré juste : pas une seule crevaison en 14 jours de course !

Le matériel ne fait pas tout sur la Divide : il faut savoir bricoler un minimum, et être constamment à l’écoute de son vélo (et notamment lubrifier très régulièrement la chaîne !) pour avoir une chance d’aller jusqu’au bout. Niveau transmission, nous avions sobrement choisi le standard Shimano, histoire de trouver facilement les pièces de rechange en cas de pépin. A l’exception d’un changement de plaquettes, nous n’avons rencontré aucun incident mécanique.

Pour la bagagerie, toutes les sacoches des Dividers sans exception étaient imperméables. Franchement, on n’imagine pas combien c’est vital de retrouver ses affaires propres et sèches après des heures à rouler sous la pluie et dans la boue (oui, ça peut arriver). A fortiori lorsqu’on roule jusque tard dans la nuit, et que le froid et la fatigue vous tombent dessus. Niveau marque, la majorité des Dividers avait fait le choix d’APIDURA, le top du top en termes de Bikepacking Ultra Light (BUL). Un budget aussi. Nous avions choisi le kit ORTLIEB pour son excellent rapport qualité-prix et son ergonomie. Avec un système bien pensé de sangles de fixation et de fermeture par enroulement (pour comprimer les volumes), c’est fou tout ce qu’on a pu stocker à l’intérieur de ces sacoches ! A tel point que nous étions vraiment chargés comme une MUL (Machine Ultra Lourde).

DORMIR.

L’esprit French Divide, c’est la débrouille. Après dix heures de vélo, il fallait encore trouver où dormir. Certains toquaient chez l’habitant en quête d’un stade municipal, d’un coin de gazon ou d’un préau d’école. Quand la chance nous souriait (souvent !), on nous offrait une rallonge électrique, une douche, un dîner… et même le café du matin ! Quand d’autres avaient choisi de rouler jusqu’au bout d’eux-mêmes et de la nuit, avant de s’écrouler de fatigue sur les abords d’un sentier, à quelques centimètres de la trace GPS.

Une tente ? Trop lourd, trop encombrant. Beaucoup de Dividers avaient fait le choix du bivy (sursac de bivouac). Nous avions choisi l’option "tarp" chez VAUDE (WINGTARP SUL), une toile de tente à tendre sur un vélo ou contre un arbre : tout aussi léger, plus technique à installer, mais aussi plus spacieux et confortable (on peut y dormir à deux tranquille).

Pour le matelas de sol, nous étions quasiment tous équipés d’un matelas léger gonflable. Quelques grammes en plus sur le vélo, qui offrent néanmoins un couchage moins désagréable, un sommeil plus qualitatif.

Quelques participants avaient négligé cet aspect-là de l’aventure. Et pourtant, le sommeil était essentiel pour récupérer de nos grosses journées de selle ; pour garder la forme... et surtout, surtout, le mental pour repartir chaque jour à l’assaut de la French Divide.

La coquille Saint-Jack

Les Dividers ont quitté la plage de Bray-Dunes au chant du coquillage pour un pèlerinage atypique, tout en contraste ! Imaginez des hordes de cyclistes barbus et connectés (GPS, Satellite, Instagram, Facebook, Twitter, etc.) déboulant sur les plus vieilles routes de France, comme le chemin de Compostelle. Comme en témoignent l’accueil chaleureux que nous avons reçu dans les petits villages, la richesse des rencontres et les nombreux posts Instagram, La French Divide est une alchimie réussie entre deux mondes : la twittosphère et la France profonde.

Les petits commerces de campagne sont (de plus en plus) rares. Tout autant que ces cow-boys modernes qui descendaient de leurs vélos chargés de sacoches, d’électronique et de prolongateur, une casquette « French Divide » avec leur prénom vissée sur la tête. La pause-café était vite devenue un rituel vital : on y rechargeait tout ce qu’on pouvait ! L’électronique (Saint Jack !), les bidons d’eau… et le moral. Evidemment, à force de soigner nos hypoglycémies, ils ont posé des questions et ont fini par découvrir le site www.FrenchDivide.com.

La rumeur s’est répandue à la vitesse d’un poney. Certains ont même poussé le clic jusqu’au site de Live-Tracking, et nous attendaient en embuscade avec un verre d’eau, une pancarte… ou venaient même rouler avec nous sur quelques kilomètres. L’Hospitalité avec un grand hashtag.

Get Coq !

« If you get lost, get unlost  ». (« Si vous vous perdez, débrouillez-vous »). Sympa la colonie de vacances. Même si les groupes de départ se sont vite fragmentés, nous n’étions jamais seuls sur la French Divide. Les traces de pneus dans la boue, les témoignages effarés des villageois, les points clignotants du Live-tracking étaient autant d’indices d’une présence amie. On se retrouvait au hasard des routes et des intempéries, à la terrasse d’un bar ou d’un camping. De toute façon, il était assez difficile de rouler en groupe avec les différences de configuration d’un vélo à l’autre, et les changements de rythme qu’imposait le tracé. Et rouler seul, c’est cool de temps en temps.

Le coq, c’est la mascotte de la French Divide. Pas étonnant : il était partout sur le parcours. On dirait qu’il nous suivait. Balèse l’animal, pour couvrir autant de bornes et avoir encore la force de nous réveiller à chaque lever de soleil par un Cocorico d’encouragement ! C’est non seulement le symbole de la France, mais aussi l’évocation sympathique de nos racines paysannes, de la richesse de notre terroir et de notre belle campagne. La France est un pays magnifique, et il ne tient qu’à vous de le découvrir.

« 30% Route. 70% chemin. 100% dépassement de soi. » Voilà le but ultime de la French Divide : vous secouer suffisamment longtemps et fort pour casser cette coquille de confort et d’habitudes qui vous protège autant qu’elle vous emprisonne au quotidien. Une introspection sportive qui vous permettra de vous surpasser une bonne fois pour toutes, pour réveiller chaque matin le coq qui sommeille en vous !

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