Le Tour pour les Nuls

Après les semaines dans le foot nous nous apprêtons à vivre trois semaines dans le vélo ! Le Tour de France a commencé sa 105ème édition hier. Pour les non passionnés de petite reine, le Tour c’est des images de coins pommés, prises par hélicoptère avec des gars en tenues multicolores qui se battent pour pouvoir porter un maillot jaune avec écrit en gros LCL. Autrement dit, un truc bizarre qui dure beaucoup trop longtemps et une atteinte manifeste au bon goût !

Vélo Station vole au secours des familles et des groupes d’amis pour une remise à niveau afin que tout le monde puisse se comprendre et comprendre Le Tour de France !

Le tour 2018 en quelques chiffres.

Commençons par une revue rapide de ce qu’est le Tour de France. C’est l’épreuve sportive la plus importante du cyclisme de route. Suivie partout dans le monde, elle bénéficie d’une aura internationale, et d’un prestige inégalé.

Cette année pour la 105eme édition, c’est 176 coureurs de 22 équipes qui ont pris le départ depuis Noirmoutier ce samedi 7 juillet. Ils s’élanceront pour 21 étapes et parcourront 3351km.

Leurs efforts en gros plans, leurs stratégies, leurs chutes et leurs pauses-pipi seront diffusés dans 109 pays. En tout ce sera 105h de direct avec des images collectées grâce à des motos, des voitures et des hélicoptères. A cela il faut ajouter les 10 à 12 millions de personnes qui se déplacent pour voir passer le tour.

Le Tour c’est une institution, et c’est monumental.

Les Maillots

Oui ces messieurs vont se battre pour pouvoir porter le maillot jaune et la peluche de lion entouré par deux hautesses, mais ce n’est pas le seul maillot en jeu !

Le maillot jaune, Saint Graal, récompense le coureur cycliste qui a le meilleur temps toutes étapes confondues.

Le maillot vert récompense le coureur cycliste qui a eu les meilleures places aux arrivées toutes étapes confondues. A chaque étape les 15 premiers arrivés reçoivent des points dégressifs sur 15 points. On parle alors de classement par points.

Le maillot à pois récompense le meilleur grimpeur. Au classement par points aussi, le porteur du maillot à pois sera celui qui a additionné le plus de points au passage en haut des cols.

Les différents Types de Coureurs :

Dans chaque équipe il y a des profils différents de coureurs et le profil des étapes permet de briller selon ses compétences.

Le grimpeur : Celui qui sera performant dans les longues ascensions.

Le leader : Celui qui roule pour décrocher le maillot jaune, le plus fort de l’équipe.

Le puncher  : Cycliste performant dans les montées.

Le sprinter : Coureur pouvant développer une pointe de vitesse importante.

Le rouleur : C’est le coureur capable de rouler tout seul en maintenant une vitesse élevée.

Le baroudeur : c’est le coureur qui attaque très tôt dans la course.

Le peloton  : C’est un groupe de cycliste. Il peut être de tête si il est devant, ou gros peloton quand il regroupe une grosse partie des coureurs.

Le vocabulaire du Tour

Nous entrons dans la partie savoureuse du Tour. Chaque sport a son jargon. Celui du vélo est très savoureux.

Voici une sélection des expressions les plus utilisées et aussi parfois les plus drôles du monde du cyclisme !

Arroser les fleurs : Faire une pause pipi… mais sans forcément s’arrêter...

Assurer le train : Aucun lien avec les grèves de la SNCF ! Assurer le train c’est imposer le tempo quand on est à la tête du groupe.

Avoir la Pancarte : Être le favori de la course.

Avoir la Socquette Légère (ou en titane) : Aucun lien avec les mœurs de la personne, mais se dit si la personne pédale très facilement et rapidement. Vous pourrez également entendre « fumer la pipe ».

Avoir le nez dans le cintre : On emploi cette expression quand le coureur est arc bouté sur son vélo, couché sur le cintre, avec le nez donc au niveau de celui-ci. Retour ligne automatique Cette position est utilisée quand le rythme de la course est très élevé, ou lorsque le coureur est en plein effort.

Avoir tout à droite : C’est quand le coureur à l’aide du dérailleur met sa chaîne sur le grand plateau et sur la plus petite couronne des vitesses. Ces deux pièces se trouvent le plus à droite par rapport au cadre. Cette position demande de la force musculaire et offre le plus de développement (la distance parcourue sur un tour de pédalier)

Avoir tout à gauche : A l’inverse, la chaîne est mise sur le petit plateau et sur la plus grande couronne. On est dans le moulinet côté pédalage, moins d’effort musculaire et un plus petit développement. Le coureur va moins vite.

Avoir un coup de savate : Prendre un coup de pied dans le derrière ? Loupé ! C’est sprinter de manière explosive avec beaucoup de puissance.

Bâcher : Peut voir deux significations. Peut être synonyme d’abandon, mais aussi, si le temps tourne à pluie les coureurs se « bâchent » (se couvrent) pour faire face à l’eau qui leur tombe dessus.

Becqueter de l’aile : Petit oiseau ? Non ! Pas bien ! Pas bien du tout ! Cette technique bien évidemment interdite, consiste à se propulser dans une montée en prenant appui sur une voiture. On parle aussi de rétropoussette.

Bidon : C’est la gourde qui permet au cycliste de s’hydrater.

Bordure : C’est une technique adoptée par un groupe de cyclistes, généralement de la même équipe qui a deux utilités, faire face au vent de côté et exclure un coureur de l’équipe adverse. Les cyclistes, à la façon d’oiseaux migrateurs se placent l’un derrière l’autre un peu en décalé pour fendre le vent et moins subir celui-ci. Cette technique, aussi appelée la technique de l’éventail, permet à l’équipe d’occuper la largeur de la route. Le deuxième effet KissKool de cette manœuvre est d’obliger le cycliste exclu de l’éventail à rouler sur la bordure de la route, dans les cailloux, l’herbe… et donc à ralentir. Seule autre option pour éviter la bordure est d’affronter le vent tout seul comme un grand au risque de se fatiguer rapidement.

Braquet : C’est le rapport entre le pignon (vitesses) et le plateau, qui détermine le développement, pour simplifier, la distance parcourue par tour de pédalier. Petit braquet petit développement (on dit qu’on mouline), grand braquet grand développement (on avance vite, en puissance).

Braquet d’Asthmatique : Aucun lien avec Froome !! On emploi cette expression quand le coureur pédale avec un petit développement, donc lentement, comme un asthmatique.

Brûler le ravitaillement : Les coureurs cyclistes ont des endroits précis pour récupérer à manger. Généralement c’est un moment où tout le monde ralenti pour reprendre des forces. Si un coureur saute le ravitaillement et en profite pour attaquer on dit qu’il brûle le ravitaillement.

Casse-Pattes : C’est un trajet exigeant qui ne laisse pas aux coureurs un temps pour récupérer.

Chasse-Patate : Non vous n’y avez pas joué en colo quand vous étiez enfant ! C’est se trouver entre une échappée et le peloton avec peu de chance de rattraper l’échappée.

Cocottes : Non on ne parle pas de poules, ni d’œufs. Nous sommes bien toujours dans le vélo ! Les cocottes sont les parties supérieures des leviers de freins sur les cintres de course. Elles sont recouvertes de caoutchouc pour un meilleur maintient. C’est l’un des endroits du cintre où les coureurs posent souvent les mains, on dit qu’ils ont les mains aux cocottes.

Chaudière : Petit nom donné à un coureur dopé. A vous de juger si c’est affectueux ou pas...

Contre la Montre : C’est une étape où les coureurs prennent le départ chacun leur tour et non tous ensemble, avec pour objectif de faire le plus petit temps sur un parcours défini.

Coup de Chacal  : « Bande de chacal, vous allez tous crever comme des chacals ! On dit chacaux ? ». Vous l’aurez deviné au nom, nous ne sommes pas dans une expression positive ! Le coup de chacal consiste à attaquer que dans le dernier ou les deux derniers kilomètres et au final, remporter la course… comme un chacal !

Coup de Fusil : Se dit quand le coureur attaque violemment d’un coup pour sortir du peloton. Attention à ne pas manquer de cartouches et à ne pas se faire rattraper !

Courir en Rat  : Oui le vélo aime les animaux ! Nous ne sommes toujours pas dans la sympathie et la valorisation. Courir en rat c’est se planquer dans les roues des autres coureurs pour limiter ses efforts et s’économiser, pour peut-être finir avec un coup de chacal !

Danseuse : Se mettre en position de danseuse c’est se mettre en appui sur ses pédales, les fesses non plus la selle mais relevées. Le but n’est pas de déconcentrer les cyclistes de derrière avec des mouvements sensuels du bassin, mais bien de mettre toute la puissance dans le pédalage. Cette position très physique est utilisée surtout dans les montées.

Descendre comme une caisse à savon : Se dit quand un coureur manque de technique ou de confiance pour descendre un col et qu’il freine sans arrêt pour y aller tout doucement.

Développement : Nous l’avons un peu abordé en haut, voici les détails. Il s’agit donc de la distance parcourue par le vélo en un tour de pédalier. Le développement est plus ou moins important en fonction du braquet, à savoir le rapport entre le nombre de dents sur un plateau (au niveau du pédalier) et le nombre de dents sur le pignon placé sur la roue arrière. Si on met la chaîne sur le plus grand plateau et le pignon le plus petit, alors nous aurons un développement important.

Échappée : Vous l’entendrez très souvent celui-là ! Il s’agit d’un coureur qui a réussi à creuser un écart avec le reste du peloton.

Être aspiré : Cette expression peut se dire dans deux cas. Tout d’abord quand un coureur a fait une échappée, mais le peloton le rattrape et l’aspire. Ou, profiter d’une moto ou d’une voiture pour être aspirer par leur élan en se tenant proche. Technique évidement condamnable et condamnée !

Être dans la botte : S’être laissé enfermer par ses adversaires lors d’un sprint, sans possibilité de s’échapper.

Être dans la roue : Se tenir très prêt d’un autre coureur, juste derrière pour profiter de l’aspiration.

Être de la Mafia : « C’est la famille ». Pas que ! Dans le vélo être de la mafia c’est quand des coureurs d’équipes différentes s’allient pour des intérêts personnels ou par circonstance.

Emmener le Sprint : Consiste à porter le sprinter de son équipe au plus près de la zone de sprint, en supportant le vent et les efforts à sa place pour qu’il soit le plus frais et dispo au moment d’attaquer.

Faire la Lessive : Pas de lavage à sec ou à basse température dans cette histoire ! Faire la lessive c’est attaquer sans cesse pour laminer le peloton.

Faire parler la classe : Dominer ses adversaires, solo, sans l’aide de ses équipiers.

Frotter : Quand le peloton est serré il arrive qu’il faille jouer des coudes pour se faire une place !

Giclette : La perfection au masculin ! Avoir une giclette c’est avoir soudainement les ressources nécessaires pour mener à bien un effort, comme une échappée par exemple.

Gruppetto : Terme italien, vous l’aurez deviné. Dans les étapes de montagne, il arrive qu’un groupe de coureurs en difficulté se forme à l’arrière de la course. Ils unissent leurs efforts pour franchir la ligne d’arriver. On peut également dire « monter dans l’autobus » .

Marquer la culotte : Pas de petits accidents gênants, désolé ! Marquer la culotte c’est suivre un autre coureur de près, calquer ses efforts sur le sien, suivre son rythme, ne pas le lâcher. Le gars lourd en fin de soirée. Peu apprécié de celui qui se fait marquer, c’est une technique très utilisé pour surveiller les leaders.

Mettre le nez à la fenêtre : Venir de temps en temps en tête du peloton pour jauger ses adversaires. "Salut les gars !"

Montrer le Maillot : Souvent fait au départ, c’est quand un coureur se met en avant du peloton pour être vu du public et des sponsors pour se faire voir.

Partir en Facteur : Non, ni Froome, ni Sagan, ni Pinot ne viendront vous livrer votre courrier. Partir en facteur c’est quitter le peloton tout doucement, sans montrer d’effort, sans véritable accélération. Si lentement que ça ne parait pas sérieux... et pourtant...

Porteur d’eau : C’est un peu l’homme à tout faire du leader. Il roule à côté de lui, lui garde à manger, il se met devant pour lui offrir une aspiration quand le leader a besoin de se refaire la cerise…

Salade de bicyclette : Rarement vu dans Top Chef… Une salade de bicyclette est une chute collective qui finit par un enchevêtrement de vélos.

Se refaire la cerise : Récupérer, reprendre des forces.

Sucer la roue : C’est rouler en rat !

Ticket de sortie : Aussi bizarrement que cela vous parait, c’est quand un coureur obtient l’autorisation de sortir du peloton, ouvertement ou implicitement, par les autres coureurs. Généralement c’est un coureur jugé inoffensif. Oui oui, l’autorisation !

Taper dedans : Quand on vous disait que c’était imagé ! Taper dedans dans le cyclisme c’est attaquer à fond ! Tape dedans Romain Bardet !

Maintenant vous êtes au point pour vivre en communauté avec les cyclistes de votre entourage et pourquoi pas les impressionner avec un "et en plus il lui suce la roue !!". Et si vous êtes passionné par le Tour, les bidons Tour de France sont arrivés en magasin !

Merci Vélo Station !

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